In memoriam Roger Le Brech

Roger Le Brech nous a quitté le vendredi 3 janvier 2020, à la veille de ses 74 ans.

Depuis que nous avons  commencé à nous intéresser à Jules Lequier, en 1998, il a apporté son soutien à nos projets sur le philosophe.

En 1999, il a réalisé l’illustration de notre mémoire de maîtrise « Jules Lequier et l’énigme de faire », réalisé sous la direction d’André Clair.

dessin

Le 13 octobre 2012 il était présent à la bibliothèque de Saint-Brieuc pour la table-ronde organisée dans le cadre de l’exposition réalisée pour les 150 ans de la mort du philosophe. A la suite de cet événement, il a réalisé une vidéo illustrant le poème chanté par Donald Wayne Viney, inspiré du poème « La dernière page » de Jules Lequier.

Roger Le Brech, professeur d’Arts plastiques, était un praticien dans plusieurs domaines : le dessin, l’aquarelle, la gravure, l’infographie, et plus récemment la création audiovisuelle. Grand lecteur, il aimait lire Montaigne, Diderot, Voltaire et son voisin Chateaubriand.

Goulven Le Brech, 18 janvier 2020

 

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« …Un des rares philosophes qui font aimer d’emblée la philosophie »

En hommage à la mémoire du père jésuite et philosophe Xavier Tilliette, spécialiste de Lequier décédé le 10 décembre 2018, nous publions ci-dessous un texte inédit de lui sur le philosophe. Ce texte nous a été communiqué par Christine Goémé. Il s’agit de l’introduction à un projet de réédition de son livre Jules Lequier ou le tourment de la liberté (Desclée de Brouwer, 1964) qui n’a pas été mené à son terme.

Lors d’une émission de France Culture, consacrée à Jules Lequier, le 03/10/1996, Christine Goémé a de sa propre initiative lancé un appel en faveur d’une réédition de ce petit livre. L’appel a été entendu, avec quelque retard, et je suis très reconnaissant aux éditions de l’Age d’homme, comme à Christine Goémé, d’avoir tiré de l’oubli un volume modeste, mais où j’avais mis tout mon cœur. C’est la part de mon atavisme breton qui s’était exprimé dans cet ouvrage, elle expliquait l’attirance vers le penseur infortuné et fier, qui vivait entre la lande et la mer, et qui avait choisi pour emblème le pin déchiqueté des falaises, battu par les vents et saigné de sa sève, « Comme un soldat blessé qui veut mourir debout ».

Ma mère se souvenait d’avoir toute jeune à la fin du siècle dernier rencontré dans les rues de Rennes, se promenant avec ses filles, le très âgé Docteur Le Gal La Salle, qui fût jadis « Daniel », l’ami et la passion juvénile de Lequier. C’est aussi un intérêt croissant pour la philosophie, remontant à mes années d’études, qui m’a conduit vers le « philosophe inconnu » périodiquement redécouvert par des maîtres comme Jean Wahl et Jean Grenier. Un esprit qui se forme a besoin de s’orienter sur des modèles. Lequier offrait son destin tragique, une pensée qui faisait corps avec la vie jusqu’à en mourir. Même l’inachèvement le rendait grand. Il incarnait la recherche de la vérité, dont on nous disait qu’elle était l’âme de la philosophie. Et puis il maniait splendidement la langue pathétique du romantisme, qui chez lui n’a pas vieilli, avec certaines intonations de Lamennais, sans en avoir la musique fêlée ; sa diction à lui respire la maîtrise. Son art rhétorique donne à la prosopopée une virulence extrême. Enfin il était le philosophe de la liberté sans conditions, une liberté qui s’élançait intrépide pour affronter « l’Attila de la Nécessité » sous toutes ses formes redoutables, le déterminisme, le hasard, la prédestination. Il voulait saisir d’une seule étreinte la liberté qui rend libres, par un acte libre, d’un geste libre, c’est-à-dire arbitraire, prouver la liberté par la liberté même. Bien avant Bergson il a compris que démontrer la liberté revient à la détruire. C’est le sens du postulatum, dont le trait raye le fameux dilemme, préparatifs et courte échelle pour le ressaisissement de la liberté. Il fallait le mettre en œuvre par l’acte, et d’abord l’acte d’écriture, peut-être aussi par la fièvre du délire et par un défi irraisonné. La noyade fatale fut-elle accident provoqué ? Lequier serait-il un frère ainé de Kirillov, ce croyant dévoyé ?

La passion de la liberté fait de lui, en toute hypothèse, un compagnon à distance de Ficthe, qu’il admira à travers les transmissions imparfaites de Barchou de Penhoën. Le rapprochement m’avait frappé, comme il avait jadis retenu l’attention du dévoué Prosper Hémon. Lequier avait hérité quelque chose du titan d’Iéna devenu un héros de la croisade antinapoléonienne. D’une lecture divinatrice il avait capté l’urgence du faire. Il m’a semblé qu’on pouvait, en critique plutôt qu’en historien, poursuivre le parallèle, établir des jalons en fonction d’une sorte de Fichte idéal projeté sur la Destination de l’homme, ce qui permettrait en retour de mieux tracer l’itinéraire de Lequier, comme à l’aide d’un curseur, voire de dater et d’ordonner un parcours mental, et ainsi de donner à la mosaïque des fragments une physionomie, the figure in the carpet. Cela supposait une idée directrice de la philosophie de Jules Lequier. Ce n’était ni l’interprétation sage de Grenier, ni l’existentialisme anarchique de Wahl et de Lazareff. C’était le tourment d’un penseur divisé, qui n’a pas sacrifié le pathos à la raison, ni l’inverse.

Je suis resté très longtemps sans me relire. A l’occasion cependant j’ai repris contact avec le philosophe inconnu, soit pour un compte rendu, soit pour une contribution ponctuelle. Que de fois j’aurai manipulé le gros volume vert de la Baconnière ! Ma vision de Lequier n’a pas substantiellement changé, toutefois elle s’est infléchie vers la philosophie chrétienne que devait promouvoir la conquête de la liberté, pierre d’angle du catholicisme. Lequier tend à rejoindre, non pas le courant individualiste et libertaire qui compte parmi ses hérauts Kierkegaard et Nietzsche, mais le mouvement puissant de la philosophie catholique du 19ème siècle. La place de Lequier y est inscrite, celle que Lamennais a laissée vide. Sans revenir pour autant à Lequier le Raisonnable, j’ai mieux perçu le projet d’une philosophie sociale, entée sur le catholicisme comme garant suprême de la liberté de conscience et de la personne. Une correspondance avec Gérard Pyguillem, héritier de Louis Prat et donc de Renouvier, la diffusion confidentielle de la biographie rédigée par Hémon, du courrier de celui-ci avec B. Jacob (que leur mentalité laïque préparait mal à comprendre le penseur rescapé), plusieurs travaux italiens de bonne qualité, les incursions sagaces d’André Clair dans le Nachlass à portée de sa main… plus d’un signe plaidait en faveur d’un renouveau des études lequériennes. L’heure semble mûre pour une édition vraiment complète et vraiment critique, si nos espoirs n’avaient pas été plusieurs fois déçus. Du moins peut-on augurer une relance auprès des étudiants, car Jules Lequier est un des rares philosophes qui font aimer d’emblée la philosophie, par le frémissement qu’il communique, par l’urgence qui le talonne, par ce langage direct, inhabituel, sans fioritures ni abstractions. Il faut avoir fréquenté beaucoup d’auteurs doctes et ennuyeux pour apprécier chez lui la force lucide du raisonnement dont le sec se fraie une voie étincelante.

Ainsi une deuxième fois je donne le coup d’envoi à cet opuscule pour un périlleux franchissement de la barre du siècle. Il est grâce à Dieu propulsé par le remarquable article de Jean-Marie Turpin, « La Trame et la Plume », qui montre comment le travail d’écriture dégage la piste herméneutique. Cette étude, qui gisait ensevelie dans les Archives de philosophie, était faite pour enchanter un Brice Parain, un Maurice Blanchot. Merci à l’auteur des Nuits de l’entendement, et surtout du récit romancé Sol ou Jules Lequier, d’avoir autorisé la reproduction. Un nouveau merci à Christine Goémé, sans oublier Jacqueline de Roux, qui a parrainé le livre auprès de l’éditeur de Lausanne, comme jadis Jean Grenier s’était adressé à Neuchatel. La Suisse a bien mérité de Lequier.

Paris, le 28 février 1999.

Xavier Tilliette

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Les 10 ans de l’association

Bonne année 2019 de la part des Amis de Jules Lequier !

L’association des amis de Jules Lequier, créée en décembre 2009, fête cette année ses dix ans d’existence. Afin de continuer de fédérer les personnes intéressées par le philosophe et afin de poursuivre le travail éditorial des Cahiers Jules Lequier, nous vous invitons à adhérer à l’association.

Le coût de l’adhésion pour l’année 2019 est fixé à 30 euros et il comprend l’envoi du Cahier Jules Lequier n°8 (à paraître au second semestre 2019).

L’adhésion se fait par chèque à l’adresse de l’association, par l’envoi du formulaire ci-dessous (à télécharger) :

formulaire d’adhésion 2019

 

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Les « Cahiers Jules Lequier » au Salon de la revue 2018

Mise en page 1

L’association des Amis de Jules Lequier sera présente au prochain Salon de la revue, au stand des « Cahiers Jules Lequier ».

https://www.entrevues.org/revues/cahiers-jules-lequier-2/

Le Salon se tient les 10 et 11 novembre 2018 à l’Espace des Blancs-Mateaux à Paris, dans le Marais.

Nous y présenterons le dernier « Cahiers Jules Lequier » (n°7, 2018) mais aussi les six premiers numéros et la revue Oblivion.

 

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Parution du Cahier Jules Lequier n°7/2018 (nouvelle formule)

Hommage à Jean Wahl

DOC040718-04072018182242

SOMMAIRE :

Editorial

De Lequier :

Lettre à Frédéric Zurcher (1844)

Sur Lequier :

« Déduction ou narration ? Lequier et l’affirmation de la liberté », André Clair

Autour de Lequier :

Jean Wahl : « Lequier » (note), « Dieu à l’hédoniste » (poème)

« A quoi bon philosopher ? », Vincent Citot

Illustration de couverture : Jean Wahl (détail), collection privée Barbara Wahl

ISBN : 978-2-9536099-6-7

65 p.

12 euros

A commander à l’adresse de l’association (par chèque)

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Du nouveau pour 2018

Pour soutenir et faire vivre notre activité, nous invitons les amis et amateurs de Jules Lequier à adhérer à l’association.

En 2018, l’adhésion à l’association coûte 30 euros. Elle se fait par chèque à libeller à l’ordre de l’Association des amis de Jules Lequier.

Adresse : 4 rue de la Cosarde, Bâtiment A1, 94240 L’Haÿ-les-Roses, France

Télécharger le formulaire d’adhésion à remplir et à envoyer avec le chèque :

Formulaire à télécharger

Les fonds collectés permettrons de concevoir un septième Cahier Jules Lequier qui sera envoyé à tous les adhérents de l’association.

Le prochain cahier se présentera dans une nouvelle formule distinguant 3 rubriques :

  • De Lequier (textes inédits du philosophe)
  • Sur Lequier (études sur le philosophe)
  • Autour de Lequier (essais, documents, prose)

Au sommaire du prochain numéro : une lettre inédite de Lequier, un essai d’André Clair, des documents de Jean Wahl (textes et photographies), un texte de Vincent Citot.

lequier-marche

Dessin de Tanguy Dohollau.

 

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Les Cahiers Jules Lequier en ligne !

Les Cahiers Jules Lequier n°1 à 5 sont désormais téléchargeables en ligne gratuitement.

Pour ce faire, rendez-vous sur la rubrique des Cahiers.

Bonne lecture !

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