Lequier à la médiathèque de Prades

Une petite exposition permanente consacrée à Louis Prat et Charles Renouvier à la médiathèque de Prades expose quelques documents relatifs à Jules Lequier. Un bel hommage rendu à Renouvier et Prat qui vécurent ensemble dans cette commune des Pyrénées-Orientales.

Disciple averti et continuateur original de Renouvier, Louis Prat est à l’origine d’une œuvre variée mêlant essais, dialogues, pièces de théâtre et contes philosophiques. Louis Prat est aussi un admirateur de Jules Lequier, qu’il cite dans plusieurs de ses ouvrages.

Né à Foix en 1861, issu d’une famille de modestes cultivateurs de l’Ariège, il entre au collège de sa ville natale en 1870, où il restera jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Puis il poursuit des études supérieures de lettres à Montpellier et à Douai. Devenu féru de philosophie, il envoi en 1882 un article à Charles Renouvier, alors rédacteur de la Critique philosophique à Paris. Cet article, très bien accueilli par le philosophe, est le début d’une fraternelle amitié.

Encouragé par Renouvier, Louis Prat poursuit des études supérieures de philosophie à la Sorbonne, puis est nommé professeur de philosophie au collège de Perpignan, où il enseignera toute sa vie. Lors de ses congés, Prat vient périodiquement rendre visite à Renouvier dans sa propriété près d’Avignon, où les deux hommes s’entretiennent des dernières avancées de la doctrine du maître. La première contribution de Prat à l’œuvre immense du philosophe est sa correction des volumes consacré à Victor Hugo : Victor Hugo, le poète (1893) et Victor Hugo, le philosophe (1900). En 1899, Prat apprend le dur travail de l’écriture philosophique, en rédigeant avec Renouvier des chapitres de La Nouvelle Monadologie. Cette même année, afin de faire bénéficier la santé défaillante de Renouvier du bon air des montagnes, les deux hommes s’installent dans la ville de Prades, au pied du massif du Canigou.

Dans la « petite maison rouge », la relation du maître à l’élève se transforme en celle d’un sage avec son disciple. Cette étroite relation va profondément marquer Louis Prat, qui deviendra l’exécuteur testamentaire de l’œuvre de Renouvier. Ainsi, c’est lui qui recueille les derniers éléments de la pensée du maître à son chevet et qui se chargera de les publier, sous le titre de La fin du sage, Les derniers entretiens de Charles Renouvier.

En 1906, Prat soutient une thèse de philosophie à la Faculté des lettres de Paris sur « le caractère empirique et la personne » dans laquelle il présente le rôle de la nolonté  (néologisme dont il est l’inventeur) en psychologie et en morale. Passionné de philosophie antique, il a auparavant publié deux dialogues platoniciens : Le Mystère de Platon, Aglaophamos (préface de Renouvier, 1901) et L’Art et la beauté : Kalliklès (1903), tous deux chez l’éditeur Alcan. En 1910 paraît son premier grand livre : Contes pour les Métaphysiciens. En 1922 il publie son deuxième grand livre aux Presses Universitaires de France : La Religion de l’Harmonie. Puis il fait paraître un roman philosophique ; L’initiateur (1923) dans lequel il imagine une mise en pratique de sa philosophie.

De 1923 à 1924 il collabore avec son ami Ludovic Dugas à la première édition critique des fragments de Lequier : La recherche d’une première vérité (Armand Colin, 1924). De 1927 à 1937, il publie trois ouvrages : L’Harmonisme ; une reprise des grands thèmes de sa pensée sous la forme de poèmes et d’aphorismes, De la Nature des êtres et En marge de la vie, Le solipsisme ;un dialogue imaginaire avec son ami le philosophe Han Ryner. Enfin, à plus de soixante-dix ans il se consacre à un ultime livre en hommage à son maître : Charles Renouvier, philosophe. Sa doctrine, sa vie (1937).

Louis Prat décède le 31 juillet 1942, à Prades. Dans cette commune qui lui rendit un hommage en septembre 1928, le philosophe s’était lié d’amitié avec le célèbre violoncelliste catalan Pablo Casals (1876-1973) avec qui il partageait la sensibilité artistique et les engagements pacifistes.

Texte et photos : G. Le Brech
Ce texte est un extrait, sensiblement revu, d’un article publié dans la revue Le grognard, « Louis Prat, le sage des Pyrénées-Orientales », numéro hors-série Georges Palante et la génération honnie, mai 2009.
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