Un je-ne-sais-quoi

« Commencer est un grand mot », écrit Jules Lequier. Il suffisait peut-être de dire que la liberté elle-même en elle-même et quant à elle-même, libertas ipsa, que l’ipséité de la liberté enfin, coïncide avec ce pouvoir du commencement.

(…)

« Il me plaît qu’il me plaise… » : ainsi parlait Jules Lequier.

(…)

Du vouloir on peut dire comme de la charité : sans lui rien ne commence, grâce à lui tout aboutit ! Pressée de dire ses raisons, la volonté immotivée, la volonté causa sui ne peut que répondre, comme l’amour, que par la question elle-même : voluit quia voluit velle…, écrit Leibniz lorsque, pour une fois, il envisage en Dieu le pouvoir, non pas de vouloir sagement, mais de vouloir volontairement. On dira sans doute que ce n’est pas une raison… Mais si l’absence de raisons était précisément la raison ? On dira sans doute que ce n’est pas une réponse… Mais c’est peut-être qu’il n’y a pas de question ? Tel est du moins l’avis de Jules Lequier.

Vladimir Jankélévitch

« La volonté de vouloir »

Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien

Le Seuil, coll « Essais », 1996 (p. 47-57)

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